25 juin 2017

Des enfants trop parfaits (Peter James)

Résumé :
Naomi et John ont perdu leur fils de quatre ans, Halley, emporté par une maladie génétique rare. Et ils sont aujourd'hui prêts à tout pour ne plus revivre un tel cauchemar. Même à l'insensé : faire appel aux services d'un généticien génial, mais très controversé. Pour 400 000 dollars, le docteur Dettore leur garantit un bébé en bonne santé. Comment résister à pareille promesse ? Ils auraient pourtant du être alertés par la liste qu'on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives...
Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.

Mon avis :
J'avais tenté une première lecture de ce roman il y a pas mal de temps déjà. Mais j'avais rapidement lâché. De mémoire, c'était à cause du journal intime de Naomi, elle y avait écrit un truc que j'avais trouvé incroyablement stupide, j'en ai eu marre et je suis passée à autre chose.
Et puis en voyant le livre en rayon, j'ai eu envie de retenter le coup.
Et j'avoue que j'ai été beaucoup moins déçue.

Naomi et John sont un jeune couple, ils s'aiment et ont vécu la pire épreuve que des parents peuvent vivre. Leur adorable fils est mort dans d'atroces souffrances.
La période de deuil passée (si tant est qu'elle se finisse un jour), ils veulent refonder une famille. Alors pour limiter les risques d'avoir de nouveau un enfant souffrant d'une maladie rare, ils contactent ce savant fou.
Ils veulent juste un enfant en bonne santé. Une santé normale, au moins, sans maladie grave/incurable/rare/génétique.

Mais la manipulation génétique et les progrès scientifiques sont aussi bénéfiques que dangereux. Naomi et John vont très rapidement le comprendre.
Il y a tellement de choses qui leur font se poser des questions, qui resteront sans réponse.
Je ne peux évidemment pas trop en raconter sinon il n'y aura plus de surprise. Ce serait dommage de spolier un tel roman.

A travers Naomi et John (et le Dr Dettore), Peter James nous interpelle sur la manipulation génétique. Sur le hasard, la nature, sur ce qui fait que nos enfants sont comme ils sont et pas autrement.
Avoir des enfants parfaits, beaux, intelligents, en bonne santé, tout le monde en rêve. Mais à quel prix ? N'aimerions nous pas notre enfant même s'il est moche, con et malade ? Nos enfants sont nos enfants, nous ne devrions jamais vouloir plus que cela.
Et pourtant, ces enfants "du" Dr Dettore ne sont-ils pas un progrès pour l'évolution ? Notre monde est pourri jusqu'au noyau, par notre faute, gouverné par la haine et la violence. Le monde évolue, pas l'être humain. Si finalement des enfants génétiquement modifiés pouvaient sauver notre monde ? Dans un monde encore gouverné par la religion, quelle place ont la science et ses progrès ?
Et si finalement, tout n'était que de la faute des parents, qui mettent une pression de fou dans leurs enfants ?

Sur IG, Marionnette et ses livres m'avait prévenue que la fin n'était pas au top top.
J'avoue, moi j'ai plutôt aimé. Même si c'était complètement loufoque depuis un moment déjà. Les 200 dernières pages, l'histoire part totalement en couilles. En fait la fin est bien, elle suit bien l'idée de départ, mais je ne l'ai pas trouvée assez travaillée. Enfin je sais pas trop comment l'expliquer, mais l'idée est là. J'ai trouvé ça dommage, en fait.
Ça reste tout de même une très très bonne lecture.

19 juin 2017

Ne dis rien à papa (François-Xavier Dillard)

Résumé :
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrance, peuplés de cris et de visions imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle avait été enterrée vivante.
Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l'un, une propension à la mélancolie et, chez l'autre, un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu'elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au coeur d'images qu'elle voudrait tant oublier... A n'importe quel prix...

Et lorsqu'un nouveau voisin s'installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d'une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Mon avis :
Ça fait 4heures que j'ai terminé ce livre et je ne sais toujours pas quoi dire.
En plus, je ne veux pas trop raconter l'histoire, parce qu'un mot de trop serait le spoil assuré, et ça casserait tout.
Je ne peux pas raconter la base de l'histoire, ce qui est arrivé dans le passé, qui a fait du présent de Fanny ce qu'il est.
J'ai suivi l'auteur sur FB, j'ai vu l'annonce de la sortie de ce bouquin, j’étais comme une dingue quand la date est tombée, j’étais comme une dingue quand je l'ai enfin eu dans mes mains. J'attendais énormément (de) ce roman.
Je l'ai lu en moins de 24heures et là, vous ne me voyez pas, mais je suis toujours en PLS.

J'ai grillé assez rapidement le fond de l'histoire. C'est évident dès les premiers chapitres, même sans être parfaitement clair, on comprend au moins dans les grandes lignes.
Évidemment, ça ne gêne en rien la suite de la lecture, parce que savoir qui, finalement, ce n'est pas le plus important.
L'important c'est le reste. L'avenir de la famille de Fanny, les flics qui doivent arrêter un meurtrier qui s'amuse à péter tous les os de ses victimes (merci, j'ai ri comme jamais).

Et puis il y a Fanny. Cette femme qui a fait promettre à son mari de ne jamais lui poser de question sur son passé. Cet  homme qui veut pourtant savoir. Ces enfants. Les jumeaux. L'un est timide et fragile, émotif. L'autre est le dominant, il aime faire pleurer son frère, le pousser à faire des choses qui sont mal. Mais il faut toujours se méfier des enfants.

J'ai mais alors tellement compris Fanny ! Elle cache un secret très très lourd. A ce demander comment elle peut être si détachée et continuer à vivre à peu près normalement. Parce que le drame qu'elle a vécu n'est finalement que le déclencheur. Il y a eu d'autres choses, d'autres épreuves.

J'ai tellement envie de vous parler de Glenn, de tout ce que j'ai ressenti pour lui... C'était finalement presque beau, émouvant.

François-Xavier Dillard m'a de nouveau foutu une claque magistrale. Ne dis rien à papa est presque mieux que Fais-le pour maman. Vraiment, j'en suis toute chamboulée.

18 juin 2017

Une mère (Alejandro Palomas)

Résumé :
Barcelone, 31 decembre. Amalia et son fils Fernando s'affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu'elle aime. Ses deux filles, Siliva et Emma ; Olga, la compagne d'Emma, et l'oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.
Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se déroulera comme prévu.

Mon avis :
Oh mais... La claque que je me suis prise ! Je ne m'y attendais mais alors tellement pas.
Je pensais lire simplement une histoire familiale. Avec des secrets et des non-dits, ok, mais je ne m'attendais pas du tout à un truc aussi fort, aussi puissant.
Amalia a 65 ans et depuis le départ du père de ses enfants vit seule avec son petit chien dans un appartement.
Chaque année, elle tente  de réunir tous ses proches pour le repas du 31 décembre. Chaque année il y a un loupé. L'oncle à l'autre bout du monde, une fille pas dispo, etc.
Cette année, c'est la bonne. Même tous les absents seront là, à table.

Amalia goûte à une liberté nouvelle. Après tant d'années à vivre sous le joug de son mari, à avoir peur, à ne pas oser quoi que ce soit. Maintenant, elle tente un peu trop de nouvelles expériences, se mettant parfois (souvent. tout le temps) en danger. Elle n'a visiblement absolument pas conscience de la réalité des choses. Elle a le défaut de ne voir que le bon en chacun, et clairement, ça se retourne systématiquement contre elle.
Ses enfants n'en peuvent plus, les pauvres, de devoir la gérer et la surveiller, comme si les rôles s'inversaient.
Mais cette gentille petite vieille dame isolée a une énorme qualité : elle est présente. Pour ses proches, les gens qu'elle aime. Quoi qu'il arrive, elle sera toujours là pour prendre soin de son frère ou ses enfants. A la limite du sacrifice. Mais sans s'oublier, désormais.

Le dîner arrive, tout le monde est là. Chacun.e a un truc à annoncer, une vérité à dire.
J'étais là au milieu de tous ces personnages forts, à imaginer le bruit, les cris, les conversations (j'ai une belle famille ibère alors je sais ce que c'est ah ah).
Je voyais très bien l'extravagance d'Eduardo qui est complètement gelé, Silvia la frustrée/sévère/coincée et Emma, la douce Emma pleine de tristesse mêlée d'amour.
Chacun.e a des secrets, des failles, des manques.
Fernando est le narrateur de cette douce famille, il nous raconte les secrets de chacun.e, des épisodes de leur vie, ce que telle ou telle épreuve a changé, amélioré ou cassé.

L'histoire de cette famille est belle. Comment supporter l'absence ? Comment ne pas péter un câble ? Comment survivre au deuil, au désamour ?
Une mère est une comédie douce-amère passionnante, captivante, drôle et émouvante. Il m'aura fallut moins d'une journée pour la lire, la dévorer et l'aimer, comme tous les personnages.

15 juin 2017

Sujet 375 (Nikki Owen)

Résumé :
Atteinte du syndrome d'Asperger, le chirurgien Maria Martinez paraissait promise à un avenir brillant. Mais aujourd'hui accusée d'avoir tué un prêtre, elle se retrouve seule, en prison, sans le moindre souvenir du meurtre.
Les tests adn ne laissent pourtant pas de doute : elle était sur la scène du crime. Le médecin essaie alors de se souvenir : une chambre étrange... Des personnes plus étranges encore... On les observe...
Le puzzle dont la jeune femme s'efforce de rassembler les morceaux n'est peut-être qu'une illusion de plus. A moins de croire à des années de mensonges et de faux-semblants...

Mon avis :
Une jeune chirurgienne atteinte d'Asperger. Déjà ça, ça m’intéresse. C'est essentiellement pour ça que j'ai acheté ce livre presque au pif.
Si en plus il y a une sombre histoire de meurtre, c'est du bonus.

Maria est envoyée en prison pour un meurtre dont elle ne garde aucun souvenir. Son cerveau, pourtant si infaillible d'habitude, l'a lâchée.
Son pere est mort depuis des années, son arrestation a anéantie sa pauvre mère.
La prison est d'autant plus difficile à gérer pour Maria à cause de son syndrome. Ses peurs, ses émotions, la gestion du monde extérieur, tout ça devient plus compliqué.
Elle peut heureusement compter sur le soutien et l'aide très précieuse de sa codétenue.
Mais Maria observe et note absolument tout dans un carnet.
Comment faire quand les faits et le discours des gens qui l'entourent ne coïncident ni avec sa mémoire, ni avec ses écrits ? 
Comment faire quand finalement, les psy, les médecins, l’équipe carcérale ont chacun un discours différent ? Qui ment ? Qui dit la vérité ?
Maria ne se sent clairement pas en sécurité en prison. Elle devine que quelqu'un lui ment, la manipule. Alors elle fonce, cherche des réponses, veut découvrir la vérité.
Pourquoi elle, pourquoi la prison, pourquoi toutes ces manipulations ?
Dans cette prison, tout le monde ment. Ou pas.
Drogue, hallucinations, Maria ne sait plus rien. Le danger rode pourtant, et il faut agir vite.
Maria se sent seule, elle qui a toujours vécu avec l'idée que les gens sont honnêtes, aujourd'hui elle apprend qu'on ne peut vraiment faire confiance à personne. Elle se retrouve seule pour rester en vie.

J'ai adoré ! Évidemment, je n'ai réellement aimé que Maria. Difficile de s'attacher aux autres personnages quand on se demande s'ils sont au fond gentils ou méchants.
Maria est une femme forte, prête à tout pour découvrir la vérité, être innocentée et libérée. Elle sait, elle sent qu'elle est innocente, malgré toutes les preuves et son dossier médical contre elle.
J'ai adoré cette histoire totalement fascinante. Les mensonges, le programme, les services secrets. Tout était finement mené et très bien trouvé. Et puis quand on apprend finalement la vérité, on se retrouve à ne quand même pas savoir qui croire. Dès les premières pages on a appris à se méfier de chacun des personnages alors difficile de quitter cette idée à la dernière page.

Le seul truc qui m'a dérangée, c'est la façon de parler de Maria. Non pas que je gère super bien l'autisme et le syndrome d'Asperger, mais il me semble que les personnes qui en sont atteintes ont du mal avec les subtilités du langage. Maria ne sait pas gérer/exprimer ses émotions, quand elle parle elle est maladroite, comme les autistes. Mais je sais pas. Les métaphores et autres figures de styles sont difficiles à gérer, normalement.
(Tu vois Sheldon Cooper ? Voilà.)
Maria a le même langage que n'importe qui, et pour moi ça colle pas avec Asperger.
Mais c'est un sujet tellement vaste et sensible, que, ma foi...